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Des amis et frères de combat m’ont fait l’amitié de relayer mon précédent billet consacré aux sondages ; j’avais écrit ce billet en tant que statisticien professionnel, ce que je suis. J’applique cette « science » ( ?) appliquée à la gestion de risque. Pas de place pour le risque Sarkozy.
La « gestion des risques » est l’ensemble des pratiques mises en œuvre, principalement par les institutions financières, mais aussi par l’industrie, nucléaire par exemple, avec le succès que chacun connaît.
Le principe est simple : estimer la probabilité de survenance d’une catastrophe puis estimer la « perte » si la catastrophe survient. Partant de mesures mathématiques que peu comprennent, la place est ainsi ouverte à l’enfumage. Il y a 5 ans, la probabilité de défaillance des états européens, des banques étaient estimées comme étant tellement basse que l’estimation de ce que nous avons collectivement à perdre tenait de l’anecdote : de l’ordre de une défaillance tous les 10.000 ans ou plus. Pas de quoi se soucier de ce qui se passerait si...
Quelques minutes après la fin officielle de la campagne électorale de l’élection présidentielle française, je crois – comme beaucoup – que la « probabilité du risque Sarkozy » est très, très basse : dans moins de 48 heures, François Hollande devrait être déclaré élu Président de la République.
Si je prends quelques minutes sur mon temps de sommeil, c’est pour attirer l’attention sur ce qui se passerait « si ». Je me mets dans la peau de l’ingénieur de la centrale de Fukushima qui s’endort tranquillement le 9 mars 2011. Sarkozy ré-élu, ce serait donner les clés de la deuxième puissance économique de l’Union Européenne à un homme qui n’aurait plus aucune retenue pour :
- Dire froidement dans l’œil d’une caméra qu’il est normal de laisser s’accumuler les richesses aux mains de quelques uns ;
- Stigmatiser indistinctement TOUTES les personnes vivant sur le sol français mais dont les parents ne sont pas français ;
- Rogner toutes les armes que la Justice peut utiliser contre la criminalité en col blanc ;
- Travailler sans états d’âmes avec un Gérard Longuet, Ministre de la Défense qui revendique sans complexe son passé de fondateur du Front National (trouvant Jean-Marie Le Pen trop mou) ;
- Grouper autour de lui tout ce que l’Europe compte comme nationalistes, ségrégationnistes, diviseurs, opposant chacun contre tous ;
- Festoyer avec ses amis au Crillion ou au Fouquet’s ;
- Fustiger toutes celles et tous ceux dont la tartine tombe souvent du côté du beurre, quand ils en ont.
Sarkozy restera dans l’histoire comme le premier chef d’état français depuis Pétain qui aura tendu la main à l’extrême-droite.
Sarkozy restera une tâche dans l’histoire de la patrie des Lumières comme ayant repris la rhétorique d’un Anders Breivik induisant une « indispensable méfiance » envers tout qui n’est pas issu des « racines catholiques de l’Europe » qu’il se plaît à défendre publiquement de son torse bombé.
Je crois que cette trace restera indélébile. Mais plus vite elle sera stoppée, plus vite nous pourrons vivre avec, comme on vit avec un souvenir douloureux.
Amis, frères de gauche qui hésitez ou – pire – qui songez à l’abstention, songez qu’il n’y a plus de place pour la neutralité, même si Hollande ne sera pas à la hauteur de nos attentes.
Loyaux adversaires du centre ou de droite qui craignez l’arrivée de la Rose à l’Élysée, songez à l’alternative qui s’offre à vous : défendre dignement vos idées libérales (que j’exècre) dans le cadre d’une opposition parlementaire ou être inféodés à une extrême-droite lepeniste agitant une marionnette élyséenne. Je plaiderais avec la même fougue en cas de second tour Bayrou-Sarkozy : c’est le vote de barrage à la droite extrême proche de l’extrême-droite.
















